Le Registre général des Cancers de Loire-Atlantique recense et recueille de façon permanente et exhaustive depuis 1998 l'information sur tous les nouveaux cancers diagnostiqués chez les personnes résidant en en Loire-Atlantique (8000 à 9000 nouveaux cas par an).
- Tous les cancers invasifs ainsi que les cancers in situ du sein et de la vessie et les tumeurs bénignes du système nerveux central
- chez des personnes résidant dans en Loire-Atlantique au moment du diagnostic
- diagnostiqués depuis 1991 pour les cancers du sein et du colon-rectum et depuis 1998 pour tous les cancers
Ne sont comptabilisées ni les tumeurs malignes diagnostiquées en Vendée ou en Loire-Atlantique mais de patients non domiciliés dans ces départements, ni les métastases, ni les extensions, ni les récidives de tumeurs malignes déjà enregistrées ou dont le diagnostic initial est antérieur à 1998 en Loire-Atlantique (sauf les cancers du sein et du colon).
Ne sont pas non plus comptabilisées les cancers de la peau basocellulaires et spinocellulaires en Loire-Atlantique.
Pour assurer l'exhaustivité du recueil, critère obligatoire pour un registre général des cancers, le Registre a mis en place progressivement un réseau de déclarants en Loire-Atlantique et dans les départements limitrophes (Maine-et-Loire, Deux-Sèvres, Charente-Maritime).
Il s'agit des laboratoires d'anatomie et cytologie pathologiques, des Départements d'Information Médicale des établissements de soins, des médecins libéraux généralistes et spécialistes, des praticiens des établissements de santé publics ou privés et des caisses d'Assurance Maladie.
Ainsi, cliniciens et anatomopathologistes mais également radiologues et biologistes, déclarent spontanément (sources primaires) les cas rencontrés ou sur sollicitation (sources secondaires) pour complément d'information, confirmation ou infirmation de cas déjà notifiés.
Le croisement et donc la multiplicité des sources pour un même cas représente l'une des conditions de validité des informations collectées.
Le support du recueil des informations est constitué par une fiche de déclaration organisée en trois parties :
- la première regroupe les informations sur l'identité et l'adresse du patient, indispensables pour le croisement des informations de sources différentes et l'élimination des doublons,
- la seconde comprend les items médicaux descriptifs retenus pour l'analyse, la vérification et le suivi des cas,
- la dernière comporte l'identification du médecin déclarant et l'indication d'éventuelles sources médicales complémentaires.
Selon les recommandations de la CNIL chaque patient doit être informé que son cancer peut être enregistré dans la base de données du registre des cancers à des fins de recherche et dans la plus stricte confidentialité.
Le personnel du registre n'ayant pas de contact avec les patients, la CNIL recommande (recommandation du 27 novembre 2003; articles 36 et 37 du décret du 20 octobre 2005) que les médecins, impliqués dans la prise en charge d'un patient atteint d'un cancer nouvellement diagnostiqué, informent directement le patient au moment qui leur semblera le plus opportun en leur âme et conscience.
Des plaquettes d'information sont régulièrement affichées dans les structures prenant en charge des patients atteints de cancer. Une information individuelle est également disponible dans les livrets d'accueil de certains établissements. La fiche d'information destinée à être remise aux patients par les médecins est téléchargeable (téléchargement : 8,3 Ko) .
La confidentialité est assurée d'une part par l'engagement stricte des personnels du registre à respecter la confidentialité des informations comme tout personnel médical et paramédical.
Elle est également garantie par l'application de procédures strictes de sécurité.
Les locaux sont sécurisés par un accès verouillé et surveillé par le personnel de surveillance des établissements d'accueil du registre (CHU de Nantes). L'accès aux ordinateurs et à l'application spécifique du registre sont soumis à des mots de passe personnel regulièrement changés. Les données sont sauvegardées de façon sécurisée selon les recommandations de la CNIL.
Pour permettre leur exploitation et assurer la comparabilité avec les autres registres des cancers, les informations collectées pour un nouveau diagnostic de cancer sont synthétisées et codées en suivant les recommandations internationales édictées par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), l’European Network of Cancer Registries (ENCR) et le réseau FRANCIM.
La topographie et l’histologie des cancers sont codées à l’aide de la Classification Internationale des Maladies pour l’Oncologie dans sa deuxième version (CIMO2) pour les diagnostics antérieurs au 01/01/2002 et dans sa troisième version (CIMO3) pour les diagnostics postérieurs au 01/01/2002 ; cette classification constitue la référence utilisée en France comme à l’étranger. Ce premier codage est complété par un second basé sur la classification de l’Association pour le Développement de l’Informatique en Cytologie et Anatomie Pathologiques (ADICAP).
L'ensemble des déclarations pour un même cancer fait l'objet d'une synthèse. En cas de discordances entre les sources de données ou si certains items obligatoires ne peuvent être remplis de façon satisfaisante à partir des déclarations, des compléments d'information sont recherchés.
Deux méthodes permettent de compléter, confirmer ou infirmer un diagnostic : des enquêteurs se déplacent avec l'accord des médecins dans les établissements de soins afin de consulter les dossiers cliniques ou sollicitent directement les médecins des patients.
Les premières sources de données arrivant au registre sont les données anatomopathologiques avec un délai de 3 à 6 mois par rapport à la date d'examen. Mais elles ne seront validées par les autres sources de données que 12 à 18 mois plus tard. Les données d'incidence ne peuvent donc pas être fournies au-delà de l'année N-2.
Les données sont saisies sur une application spécifiquement dédiée au Registre et pour laquelle toutes les mesures de sécurité physique et logique sont assurées selon les recommandations de la CNIL.
Les données sont régulièrement validées par la recherche de doublons et par des procédures de contrôles de cohérence utilisant notamment un logiciel développé à cet effet par le CIRC (IARCTools).
Lors de la première étape de la saisie d’une fiche de déclaration, l’existence préalable du sujet est recherchée systématiquement dans la base informatique nominative afin d’éviter les doublons patients.
Des contrôles à la saisie existent également dans la base médicale. Ils portent sur la cohérence inter-date (date de diagnostic et date de décès par exemple), ou sur la cohérence entre code topographique et le sexe (cancers génitaux).
Au moins une fois par an, une recherche de doublon est effectuée par un examen de l’ensemble de la base avec un tri automatisé et par une application de recherche phonétique spécifiquement conçue par le registre des cancers.
Le logiciel IARCtools permet de déceler d’éventuelles incohérences (comme par exemple les incompatibilités entre site, histologie et/ou le sexe du patient) et donc de rectifier les anomalies repérées après saisie mais avant l’analyse de la base.
Le contrôle de l’exhaustivité suppose des méthodes complexes dont la mise en oeuvre paraît prématurée compte tenu du nombre d’années recensées dans la base du Registre. Il est donc effectué de manière indirecte, à partir d’une valeur « étalon » choisie par convention : le nombre moyen de déclaration par cas doit tendre à être supérieur ou égal à 3.
Par principe, plus le nombre de déclarants est élevé, meilleure est la couverture du département, en même temps que le recoupement des données permet d’assurer un gain en qualité de l’information.
Le pourcentage de vérification microscopique, estimé par catégories de cancers, permet de se comparer à des valeurs attendues établies en fonction des pratiques et possibilités diagnostiques actuelles en Europe de l’Ouest. L’obtention de valeurs observées élevées confirme l’obtention de certitudes histologiques pour les déclarations des cas. Cette tendance est très présente en France, et des discussions se font jour sur la pertinence des valeurs attendues en raison du développement de techniques d imagerie sophistiquées susceptibles de réduire le besoin de biopsies.
Pour la présentation des résultats, la Classification Internationale des Maladies dans sa dixième version (CIM 10) est utilisée pour regrouper en différentes catégories les cas de cancers enregistrés. L’intérêt de la CIM 10 est de permettre l’individualisation des différentes hémopathies malignes et des lymphomes (en leucémies, lymphomes, myélomes, etc.) non réalisable avec le seul code CIMO topographique. Ainsi un lymphome, quel que soit son site, sera classé parmi les lymphomes en CIM 10 et non plus avec les cancers du site spécifié : par exemple, un lymphome de l’estomac sera classé dans la catégorie des lymphomes et non pas en cancer de l’estomac.
Les indicateurs retenus pour la présentation des résultats (nombre de cancers incidents, taux d'incidence standardisés, etc.) sont actualisés régulièrement.
Les données d'incidence sont généralement présentées sous forme de tableaux, par localisation cancéreuse, en séparant les hommes et les femmes, sur une année donnée ou sur une période donnée.
De manière régulière sont publiés des tableaux synthétiques d'incidence pour la Loire-Atlantique et un bulletin d'information à destination des médecins.
L'EPIC-PL a notamment rédigé en collaboration avec l'ORS un rapport sur l'incidence des cancers à un niveau départemental :
ORS des Pays de la Loire, Registre des Cancers Loire-Atlantique/Vendée
Mars 2005, 118 p.
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